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Négociation de bail & technique

Conditions de restitution : la checklist avant de signer un term sheet de dry lease

18 septembre 2026 · lecture 6 min

Un dry lease a deux prix : le loyer mensuel, et l'état dans lequel l'appareil doit revenir. Le second s'écrit dans la lettre d'intention, des années avant d'être exigible. Neuf questions à régler avant de signer.

Que recouvrent les conditions de restitution, et pourquoi se paient-elles à la signature ?

Les conditions de restitution fixent l'état physique, le statut de maintenance et la documentation avec lesquels l'appareil doit être rendu. Leur objet est la transférabilité : le loueur veut un avion que l'opérateur suivant exploitera sans maintenance lourde pendant environ un intervalle de grande visite. Le guide IATA sur les baux le rappelle : elles sont arrêtées avant le début du bail, souvent dès la LOI, et calquées sur les conditions de livraison. Ce que vous acceptez à la signature est une dette datée — exigible quand vous n'aurez plus de levier.

Une règle de travail : lire côte à côte l'annexe de livraison et celle de restitution. Partout où l'appareil doit repartir en meilleur état qu'il n'est arrivé — visite plus fraîche, potentiel moteur supérieur, peinture neuve — vous financez l'écart. Cet échange doit être chiffré.

Dans quel statut de visite rendre la cellule, et qui paie le pont entre programmes ?

La formule habituelle : appareil « sortant de visite », toutes tâches soldées pour une période en mois, heures de vol et cycles — en général un intervalle de visite C. Le standard d'abord : une visite au MPD du constructeur vous oblige à ramener l'avion de votre programme approuvé vers le MPD ; une visite selon votre programme laisse ce pont (bridging) au loueur ou à l'opérateur suivant. La symétrie ensuite : recevoir un appareil en milieu de cycle et le rendre sortant de visite, c'est financer la maintenance d'un autre.

Qu'exigera le loueur sur les moteurs ?

Premier poste de maintenance, les moteurs concentrent les exigences. Un potentiel minimal avant la prochaine restauration de performance (PRSV) — ou un maximum d'heures et de cycles depuis la dernière, plus simple à administrer. Un minimum de cycles restants sur chaque pièce à durée de vie limitée (LLP). À la restitution : boroscopie vidéo complète, point fixe, contrôle des détecteurs de limaille. Aucun moteur maintenu en service sous intervalles d'inspection réduits — « on watch ». Définissez ces limites d'acceptation dans le bail, et demandez le droit de rendre un moteur de substitution.

Réserves de maintenance ou compensation de fin de bail : qu'est-ce qui change ?

Deux façons de payer la même consommation. Avec des réserves de maintenance, vous versez chaque mois, à l'heure de vol ou au cycle, de quoi couvrir des événements définis, remboursés une fois réalisés ; ce qui sort du périmètre convenu, ou dépasse le solde, reste à votre charge. Avec une compensation de fin de bail, rien n'est versé en cours de route : à la restitution, chaque poste se mesure à une référence convenue, full-life ou half-life — et en half-life, le paiement peut aller dans les deux sens. Le mécanisme proposé dépend surtout de votre crédit : voir ce que vérifie un comité de crédit.

Et le train d'atterrissage, et l'APU ?

Train et APU : deux postes à intervalles longs, souvent oubliés du term sheet. La révision générale du train est limitée en calendrier et en cycles — de l'ordre de dix à douze ans et 18 000 à 20 000 cycles sur la plupart des types : un bail de six ans peut la contenir, ou non, et le contrat doit dire qui la finance. L'APU est rendu soit « en état de service » dans les limites du manuel, soit sous une limite d'heures depuis son dernier passage en atelier.

Quel standard documentaire, et pourquoi les lacunes de records coûtent-elles si cher ?

Parce qu'une pièce dont l'historique ne se prouve pas n'a plus de potentiel à vendre. Les baux exigent des records en anglais : statut des directives de navigabilité (AD), modifications, réparations adossées à des données approuvées, certificats libératoires (EASA Form 1 ou FAA 8130-3) et, pour chaque LLP, un historique ininterrompu depuis la première installation — la traçabilité back-to-birth, établie par des originaux, les dirty fingerprints. Les autorités ne demandent pas toujours cette profondeur ; les loueurs, si. Auditez à la livraison au standard qu'on vous opposera à la restitution — la même discipline fixe le prix quand vous cédez des appareils en sortie de flotte.

Configuration, peinture, cabine : dans quel état l'appareil revient-il ?

L'appareil revient en général repeint en blanc, ou dans la livrée que désigne le loueur ; dans la configuration livrée, sauf accord ; sans réparation temporaire, chaque réparation adossée à des données approuvées. Les directives de navigabilité à échéance proche doivent souvent être soldées avant la restitution. Les litiges se concentrent sur la cabine, car l'« usure normale » (fair wear and tear) est une appréciation : l'IATA conseille de définir le terme dans le bail et de s'appuyer sur des références objectives — le MPD, ou le reste de votre flotte. Ensemble, ces lignes décident du temps passé au hangar, sous loyer.

Où l'appareil est-il restitué, et que se passe-t-il en cas de retard ?

Un lieu de restitution laissé au choix du loueur vous expose à un convoyage évitable : fixez l'aéroport, ou la région, dès le term sheet. La restitution comprend un vol de réception, la radiation du registre et un certificat de navigabilité pour export. Si l'appareil n'est pas conforme à la date prévue, vous corrigez à vos frais et le loyer continue de courir, souvent majoré. L'IATA relève que des majorations supérieures à 100 % ne sont pas rares, recommande de négocier un délai de grâce, et fait démarrer son plan type 24 mois avant l'échéance.

Comment ramener tout cela à un seul chiffre avant de signer ?

Convertissez chaque condition en l'événement qu'elle implique et la date où il tombe. Pour chaque poste, prenez le statut à la livraison, votre utilisation prévue, le statut projeté à la restitution, et le coût pour combler l'écart avec le minimum contractuel. Ajoutez les réserves non récupérables, la compensation éventuelle, l'immobilisation sous loyer et le convoyage. Rapporté à la durée du bail, c'est le coût mensuel réel, à côté du loyer affiché. Sur un bail de six ans, l'écart entre des conditions bien ou mal négociées dépasse fréquemment une année de loyer — et ne se négocie qu'avant la signature.

Sources : IATA, Guidance Material and Best Practices for Aircraft Leases, éd. 4.1 (2025) ; S. Ackert, Redelivery Considerations in Aircraft Operating Leases, Aircraft Monitor (2014). Valeurs citées à titre d'exemples, non de normes.

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